Mot de la ministre de l'Environnement et du Changement climatique

Le fleuve Saint-Laurent est l’un des joyaux de ce pays. Dès 1988, les gouvernements du Canada et du Québec s’engageaient à collaborer afin que cette ressource naturelle inestimable puisse être mieux comprise, assainie et préservée pour le bénéfice des générations actuelles et futures. Ils réitéraient leur engagement lors de la signature de l’Entente Canada-Québec sur le Saint- Laurent de 2011-2026.

Ce document présente l’ensemble des initiatives de protection et d’utilisation durable du Saint-Laurent mises en oeuvre depuis 2011. Un bilan remarquable! On y retrouve des résultats et avancées scientifiques qui permettront aux décideurs d’asseoir leurs décisions sur la base de ce qui se passe réellement dans les eaux et sur les berges du fleuve.

Plus d’une quarantaine de projets ont été réalisés conjointement par des experts scientifiques des dix-huit ministères fédéraux et provinciaux signataires du plan d’action. La mise en oeuvre de deux programmes a permis de suivre l’état de santé du fleuve et de concevoir des modèles de prévision pour mieux prédire vers quoi évolueront ses eaux et ses écosystèmes.

Des communautés riveraines ont pris en charge une soixantaine de projets qui ont amélioré, à l’échelle locale, plusieurs secteurs du Saint-Laurent. Grâce aux tables de concertation régionales, au programme des zones d’intervention prioritaire (ZIP) et au Forum Saint-Laurent, de nombreux organismes travaillent ensemble à la préservation du fleuve. La collaboration entre les divers ordres de gouvernement et les intervenants des communautés riveraines a donc favorisé des avancées remarquables pour la santé du Saint-Laurent et de ses zones riveraines, de même que pour la pérennité de ses usages.

Malgré tout cela, le fleuve demeure encore une zone fragile. Rien n’est encore gagné! Nous devrons continuer à être vigilants pour lui assurer, ensemble, un bel avenir. Je souhaite que le prochain plan d’action quinquennal soit mis en oeuvre avec autant, sinon plus, de détermination et de volonté de collaboration de la part de tous les acteurs concernés.

Je suis extrêmement fière du travail accompli et je remercie tous ceux qui y ont participé. J’espère que tous les lecteurs de ce bilan sauront apprécier à leur juste valeur chacune des réalisations qui ont vu le jour au cours des cinq dernières années. J’invite les acteurs du prochain Plan d’action Saint-Laurent à se manifester et à entrer sans tarder dans la prochaine vague de réalisations.

Catherine McKenna
Ministre de l’Environnement et du Changement climatique

Mot du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec

S’étendant des Grands Lacs jusqu’à l’Atlantique, le fleuve Saint-Laurent représente un écosystème exceptionnel. Historiquement, il est le noyau de notre développement économique, social et culturel. Plus de 80 % des Québécois habitent les rives du Saint-Laurent et de ses affluents. De plus, son bassin représente 40 % des eaux douces renouvelables du territoire québécois. Près de 2,5 millions de personnes sont approvisionnées en eau potable à partir du fleuve. Notre eau potable, nos activités maritimes, notre industrie touristique, nos villes, nos richesses naturelles, notre énergie et nos écosystèmes dépendent d’un Saint-Laurent en santé. Sa conservation, sa restauration et sa mise en valeur sont donc fondamentales. Il en va de la qualité de vie et de l’accès à l’eau de nos enfants et des générations futures!


Le Saint-Laurent n’a cessé de se transformer au cours des siècles, mais ces changements s’accélèrent sous l’effet des changements climatiques, qui constituent une menace à la fois pour la quantité et pour la qualité de l'eau. Ils modifient la biodiversité, la composition et la structure des écosystèmes, menaçant par le fait même la capacité du fleuve à assurer la pérennité des possibilités et des usages qu’il offre aux Québécois. Par exemple, les variations des niveaux d'eau, les pluies fortes et soudaines et les changements dans la qualité de l'eau occasionnés par une hausse des températures de l'eau risquent d’exercer une forte pression sur nos installations de traitement de l’eau potable. Les changements climatiques ont aussi des impacts sur les communautés riveraines, qui craignent l’érosion de leurs berges? et qui doivent composer avec une augmentation des risques d’inondations. D’où l’importance de poursuivre nos travaux dans le cadre du Plan d’action Saint-Laurent.


La collaboration des gouvernements et des acteurs de l’eau est essentielle pour faire face aux nouveaux enjeux auxquels notre fleuve est confronté. Depuis 1988, les gouvernements du Canada et du Québec ont mené de nombreuses actions pour protéger cette ressource collective et encourager la mobilisation de tous les intervenants touchés par les enjeux associés à l’eau. Avec l’appui de spécialistes des deux gouvernements, nous poursuivons nos efforts pour assurer, notamment, une meilleure qualité de l’eau du Saint-Laurent, une biodiversité aquatique, une gestion durable de ses ressources halieutiques, le maintien et la mise en valeur de ses accès publics ainsi que des pratiques de navigation commerciale et récréative durables.


Le document Réalisations du Plan d’action Saint-Laurent 2011-2016 met en évidence quelques-uns des projets mis en œuvre dans le cadre de cette entente depuis 2011. Ces projets illustrent bien la manière dont, ensemble, nous pouvons agir efficacement et concrètement afin d’assurer la préservation de ce joyau qu’est notre fleuve Saint-Laurent.

David Heurtel
Ministre du Développement durable, de l’Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques

Mot des coprésidents de l’Entente

C’est avec enthousiasme que nous vous présentons le bilan des réalisations effectuées entre 2011 et 2016 dans le cadre du Plan d’action Saint-Laurent (PASL), la première phase d’une entente de quinze ans qui s’échelonnera de 2011 à 2026. Les gouvernements du Canada et du Québec, conjointement avec de nombreux intervenants ayant à cœur le présent et l’avenir du fleuve Saint-Laurent, se sont investis dans une multitude de projets visant à conserver, restaurer, protéger et mettre en valeur les diverses facettes de notre grand fleuve.

Ce cinquième plan d’action depuis 1988 a permis de réaliser des initiatives tout à fait remarquables pour protéger et valoriser le Saint-Laurent. L’amélioration de la qualité de l’eau, la conservation de la biodiversité et la pérennité des usages furent les trois grands enjeux qui ont inspiré l’ensemble des initiatives menées par des agences et ministères fédéraux, provinciaux ainsi que par un grand nombre d’intervenants issus des communautés riveraines.

Les efforts conjoints des organismes gouvernementaux impliqués ont permis de compléter plus d’une quarantaine de projets qui ont su faire une différence sur l’état des eaux et des zones riveraines, de même que pour la pérennité des usages du fleuve Saint-Laurent. On a découvert par exemple que les habitats profonds du chenal du Saint-Laurent sont utilisés par les stades juvéniles de plusieurs espèces de poisson. Prendre conscience de la cohabitation de la faune et du trafic maritime influencera les décisions futures pour une utilisation durable du fleuve Saint-Laurent. Autre réussite, une toute nouvelle carte interactive offre sur le site Web du PASL un portrait de toutes les aires protégées existant sur les terres publiques et privées.

D’autre part, de nombreuses initiatives régionales et locales ont vu le jour grâce à l’implication d’organismes, de citoyens et d’entreprises situées en zones riveraines. Plus d’une soixantaine de projets de restauration, protection, sensibilisation et recherche ont apporté une vague de changements bénéfique pour la santé du fleuve Saint-Laurent, de ses habitats et de sa faune. Pensons entre autres aux mesures prises pour retirer des eaux de la rivière Saint-Jean un amas de bois mort géant qui créait un embâcle pouvant nuire à la survie des saumons. Et aussi à cette campagne de sensibilisation pour prévenir la prolifération de la renouée japonaise, l’une des pires plantes envahissantes de la planète, qui a été réalisée dans la région de Montréal.

Des connaissances de première importance ont vu le jour grâce à deux programmes, celui de Suivi de l’état du Saint-Laurent et de Prévision numérique environnementale du Saint-Laurent. Les indicateurs de l’état du Saint-Laurent de même que les modèles de prévision numérique découlant de ces programmes ont permis de mieux comprendre les facteurs influençant la santé du fleuve et de prédire l’évolution de ses écosystèmes. Une quinzaine de fiches de suivi de même qu’un Portrait global de l’état du Saint-Laurent ont été produits, et l’événement Rendez-vous du Saint-Laurent a favorisé le partage des récentes découvertes. Des résultats qui rendent possible l’identification d’actions prioritaires à entreprendre pour favoriser la santé du fleuve Saint-Laurent et de ses usages.

Enfin, le Plan d’action Saint-Laurent 2011-2016 aura permis de favoriser une gestion intégrée du présent et de l’avenir du Saint-Laurent. Six tables de concertation régionales ont été créées,  attirant l’implication de près de 120 organismes! Les Forums Saint-Laurent ont pour leur part permis à une centaine d’intervenants de discuter, de partager leurs connaissances et de réfléchir aux façons d’agir ensemble. Se sont ajoutés à cela les comités du programme ZIP (Zones d’intervention prioritaire) et l’organisme Stratégies Saint-Laurent qui ont informé, sensibilisé et mobilisé les acteurs locaux autour de projets de concertation touchant l’un des trois enjeux prioritaires du PASL.

Nous sommes donc heureux de vous présenter ce cinquième bilan du Plan d’action Saint-Laurent qui regorge de réalisations dignes de mention. Une foule de défis demeurent et d’autres se présenteront inévitablement dans les années à venir. Pour y faire face de la façon la plus efficace et créative possible, nous pourrons compter sur les habitudes acquises à travailler ensemble, riches de nos expertises complémentaires. Engageons-nous dans le prochain plan d’action avec cette volonté de donner aux gens de ce pays les richesses d’un fleuve Saint-Laurent utilisé de façon durable, afin que ses splendeurs puissent nourrir la vie des générations futures.