Programme Interactions communautaires

Objectifs

En soutenant des projets issus des communautés riveraines et mis en œuvre par des organismes non gouvernementaux et sans but lucratif, le programme Interactions communautaires (PIC) vise à améliorer l’écosystème du fleuve Saint-Laurent. Classés sous quatre grands volets (restauration/protection, étude-action, sensibilisation, étude), les projets retenus visent tous à conserver la biodiversité, assurer la pérennité des usages et améliorer la qualité de l’eau du fleuve Saint-Laurent.

Participants

Fruit du partenariat entre Environnement et Changement climatique Canada et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, le PIC a accordé au cours des cinq dernières années, soit de 2011 à 2016, une aide financière de 3 828 084 $. Ce financement a permis de terminer des projets ayant débuté avant 2011 et de contribuer à la réalisation de 66 nouveaux projets par l'intermédiaire de 44 organismes durant la période 2011-2016.

Nombre de nouveaux projets financés pour la période 2011-2016 (par volet)

Restauration

Étude-action

Sensibilisation 

Étude

Total

20

15

12

19

66

Exemples de projets réalisés

Démantèlement de l’embâcle de la rivière Saint-Jean (volet restauration/protection)

La rivière Saint-Jean, en Gaspésie, avec ses eaux cristallines et ses berges sauvages, est l’une des rivières à saumons les plus recherchées par les pêcheurs. Cependant, la présence du saumon dans cette rivière était menacée par un obstacle Rivière Saint-Jean, avant les travaux. Photo : Société de gestion des rivières de Gaspé inc.de taille. En effet, chaque année la montaison du saumon était compromise par des quantités astronomiques de bois mort qui bloquaient l’embouchure de la rivière.

C’est ainsi que la Société de gestion des rivières de Gaspé a entrepris un projet d’envergure pour intervenir dans le cours d’eau, dans le froid mordant de l’hiver 2015, afin de retirer l’embâcle du bras sud avec de la machinerie lourde. Au total, plus de 1 000 voyages de camion ont été nécessaires pour démanteler l’amas de 10 000 m3 de bois mort. Bien qu’il n’y ait plus aujourd’hui de crainte de voir le saumon pris dans l’embâcle, la vigilance demeure de mise et chaque printemps, les gestionnaires de la rivière Saint-Jean veillent à entretenir le delta de la rivière.

Restauration expérimentale d’une zostéraie dans la baie de Mitis (volet étude-action)

La baie de Mitis, située dans le Bas-Saint-Laurent, présente des caractéristiques écologiques exceptionnelles et une diversité d’habitats naturels. On y trouve par exemple un herbier de zostère marine (Zostera marina), une plante aquatique qui joue un rôle important dans les écosystèmes marins du Saint-Laurent. Les zostéraies sont essentielles à la faune aquatique et terrestre, leur servant de garde-manger, de pouponnière, d’incubateur ou d’abri. Sans zostères marines, les sables fins sont lessivés et emportés au large, exposant ainsi les littoraux aux effets de l’érosion dHerbier de zostère marine. Photo : Étienne Bachand, Comité ZIP Sud-de-l’Estuairees berges.

L’herbier de zostère marine de la baie de Mitis se régénère lentement et, depuis une dizaine d’années, sa régression a été importante. En réponse à ce constat, le comité ZIP Sud-de-l’Estuaire a mené un projet étude-action afin de caractériser le site et de restaurer les secteurs optimaux de la baie. Le projet a ainsi permis de dresser un portrait de la diversité écologique et des perturbations anthropiques et naturelles environnantes, mais également de transplanter plus de 1 300 plants de zostère marine au moyen de différentes techniques de transplantation d’un site naturel à un autre.

Prévenir la prolifération de la renouée du japon sur le territoire de la communauté métropolitaine de montréal (volet sensibilisation)

Véritable fléau végétal, la renouée du Japon (Fallopia japonica) figure au palmarès des cent pires espèces envahissantes de la planète selon l’Union mondiale pour la nature. Possédant des rhizomes qui peuvent s’enfoncer à plus de deux mètres de profondeur et s’étendre latéralement sur sept mètres, la renouée du Japon colonise les fossés, les milieux humides, les abords des plans d’eau et des routes, et même les milieux urbains. Elle forme des peuplements denses qui étouffent les espèces indigènes, appauvrissant la diversité biologique de nos écosystèmes et limitant l’accès aux cours d’eau, comme le fleuve Saint-Laurent.

Colonie de renouée du Japon. Photo : Valérie Aubin, Comité ZIP Jacques-CartierFace à l’expansion de la plante depuis plusieurs années dans la région de Montréal, le Comité ZIP Jacques-Cartier a collaboré avec plusieurs organismes pour mener un vaste projet de sensibilisation. Ce projet avait pour objectif la création d’un comité de travail pilotant des activités de prévention, de détection et d’intervention rapide sur les voies d’entrée principales de la renouée du Japon du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Le projet a permis :

  • d’accroître les connaissances sur cette plante;
  • de documenter sa répartition dans le Québec méridional;
  • de créer des outils de sensibilisation destinés aux décideurs et aux pépiniéristes;
  • d’établir des mesures de contrôle et d’éradication pour les milieux fragiles, tels que les milieux humides.

Étude de faisabilité pour l’installation d’une passe migratoire à anguille et évaluation de l’abondance, de la répartition et de la qualité d’habitat dans la rivière Saint-Charles (volet étude)

Aussi loin qu’on s’en souvienne, l’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata) a été pêchée dans le fleuve Saint-Laurent et ses affluents. Depuis les 30 dernières années, on assiste au déclin de l’anguille en amont du golfe du Saint-Laurent. En réponse à une chute vertigineuse de l’abondance de ce poisson, le Comité sur les espèces en péril au Canada a désigné l’anguille d’Amérique « espèce menacée ».Barrage Saint-Jacques, sur la rivière Saint-Charles, qualifié d’infranchissable. Photo : Amélie D’Astous, Conseil de la nation huronne-wendat

Afin de percer le mystère de ce poisson peu connu et de s’attaquer aux causes possibles de son déclin, le Conseil de la nation huronne-wendat a mené une étude visant à améliorer les connaissances sur l’habitat de l’espèce dans la rivière Saint-Charles, dans la région de Québec. Ainsi, une évaluation de l’abondance de l’anguille et de sa capacité à franchir les barrages, ponceaux et obstacles naturels a été menée, pour ensuite tenter de trouver des solutions afin de rétablir la connectivité de son habitat.

Outre sa contribution au rétablissement de la population de l’anguille d’Amérique dans le fleuve Saint-Laurent, ce projet a permis de faire des membres de la nation huronne-wendat des intendants de la protection de l’anguille d’Amérique, autrefois source alimentaire et symbole culturel important pour cette nation autochtone.