30 ans déjà : les gouvernements du Canada et du Québec travaillent ensemble pour le Saint-Laurent

Au Québec, plus de 80 % de la population vit sur les rives du Saint-Laurent et de ses affluents. Ce cours d’eau, qui relie les Grands Lacs à l’océan Atlantique, fait plus de 1 000 kilomètres de long. La grande diversité de ses habitats en fait l’un des éléments du patrimoine naturel les plus riches d’Amérique du Nord.

En 1988, les gouvernements du Québec et du Canada se sont associés avec différents collaborateurs pour signer l’Entente Canada-Québec sur le Saint-Laurent, aussi appelée Plan d’action Saint-Laurent (PASL). Les deux gouvernements travaillent donc de concert depuis maintenant trente ans afin de protéger et de mettre en valeur le Saint-Laurent et ses richesses.

Les cinq phases du PASL en bref

Pour que le PASL demeure le plus efficace possible, les gouvernements ont renouvelé plusieurs fois leur stratégie d’intervention dans le cadre d’ententes de collaboration.

Phase I (de 1988 à 1993)

D’importants progrès ont été enregistrés lors de la première phase du PASL. Par exemple, plus de 5 000 hectares d’habitats naturels ont été protégés, plusieurs espèces menacées ou vulnérables ont été identifiées, les 50 industries les plus polluantes du Québec ont réduit de 74 % leurs rejets liquides toxiques, des technologies environnementales ont été développées et une importante cueillette de données sur le Saint-Laurent a été effectuée. De plus, pendant cette période de cinq ans, des comités de citoyens ont été créés, des conférences ont été organisées et de nombreux reportages ont été vus et entendus dans les médias. Tout cela a sensibilisé la population du Québec à l’importance de prendre soin du Saint-Laurent.

Phase II (de 1993 à 1998)

Durant la deuxième phase du PASL, environ 2 000 hectares d’habitats naturels supplémentaires ont été protégés, la diminution des rejets liquides toxiques a atteint 90 %, le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent a été créé, plusieurs études ont été réalisées, un portrait de la biodiversité du Saint-Laurent a été dressé, un plan de protection du béluga a été élaboré, la pollution d’origine agricole a été caractérisée et l’impact de la mauvaise qualité de l’eau sur la santé humaine a été évalué. Des programmes de contribution pour faciliter l’engagement et les actions des communautés ont aussi été mis sur pied.

Phase III (de 1998 à 2003)

La troisième phase du PASL a été marquée par une participation croissante des communautés riveraines aux efforts de conservation du Saint-Laurent. Du côté des acteurs économiques, les agriculteurs ont modifié leurs pratiques en se conformant à différents règlements, notamment au Règlements sur les exploitations agricoles. Des compagnies maritimes se sont efforcées de réduire la pollution engendrée par la navigation commerciale et récréative. Des industries ont développé des technologies moins énergivores et moins polluantes.

Des parcs, des réserves écologiques et de refuges fauniques ont aussi été créés ou agrandis. De plus, avec la participation d’organisations non gouvernementales (ONG), des mesures ont été prises pour protéger près de 105 000 hectares de milieux naturels. Un plan de gestion intégrée du dragage et des sédiments et une Stratégie de navigation durable ont été créés.

Phase IV (de 2005 à 2010)

La quatrième phase du PASL s’est inscrite dans la continuité des actions précédentes. Les scientifiques et les experts ont poursuivi leur recherche de connaissances et de solutions pour assainir le Saint-Laurent et protéger ses écosystèmes. En fait, cette phase a été marquée par la prise en compte du développement durable, qui a pavé la voie à la mise en œuvre de la gestion intégrée du Saint-Laurent. En d’autres mots, les décideurs, les usagers du Saint-Laurent et les citoyens doivent désormais discuter et collaborer en tout temps pour prendre les meilleures décisions possibles concernant le Saint-Laurent. Et ce, toujours au bénéfice des générations actuelles et futures.

Ainsi, un programme de réduction volontaire de la vitesse des navires entre Sorel et Varennes a été lancé, pour diminuer l’effet des vagues créées par les navires sur l’érosion des berges. Éco-Marina, un programme de certification environnementale, a aussi été créé pour améliorer la gestion environnementale des marinas. Des projets visant à favoriser l’accès au Saint-Laurent et à ses richesses ont été mis sur pied, et des projets favorisant la santé des habitats dans les milieux agricoles ont été menés. 

Phase V

Aujourd’hui, nous en sommes à la cinquième phase du PASL. Celle-ci a commencé en 2011 et se terminera en 2026. Il s’agit d’une entente d’une durée de quinze ans, soit la plus longue jusqu’à maintenant, ce qui démontre que l’engagement de tous est encore nécessaire à la sauvegarde du Saint-Laurent.

De 2011 à 2016, plus d’une quarantaine de projets portant sur le Saint-Laurent ont été réalisés par des experts des deux gouvernements. Ces projets visent à conserver la biodiversité du Saint-Laurent, à améliorer la qualité de ses eaux et à assurer la pérennité de ses usages. La création de différents programmes a permis de suivre l’état de santé du Saint-Laurent et d’en dresser un portrait, en plus de concevoir des outils pour mieux comprendre le Saint-Laurent et l’impact de nos activités sur son état. Des organismes ont poursuivi leur travail de gestion intégrée des ressources, pendant que des communautés riveraines ont pris en charge une soixantaine de projets qui ont amélioré plusieurs secteurs du Saint-Laurent.

Grâce à ce travail de collaboration, des progrès remarquables pour la santé du Saint-Laurent et de ses zones riveraines ont été enregistrés. Toutefois, le travail doit se poursuivre. L’état du Saint-Laurent s’est amélioré depuis trente ans. Cependant, les nouvelles connaissances acquises grâce au PASL nous apprennent que le Saint-Laurent est un écosystème à l’équilibre fragile. Scientifiques, politiciens, acteurs économiques et citoyens doivent unir leurs efforts pour le garder en santé. C’est un grand défi, et le PASL est un outil pour nous aider à le relever.