Espèces exotiques envahissantes 2016-2021

Sensibiliser la population aux espèces aquatiques envahissantes

Les espèces aquatiques envahissantes, comme la moule zébrée, le roseau commun et le crabe vert, constituent un danger pour la biodiversité québécoise. En effet, elles se multiplient plus rapidement que les espèces locales et entrent en compétition avec elles pour les mêmes ressources. Il apparait important de sensibiliser les citoyens à leur présence afin de limiter la propagation de ces espèces et de favoriser leur détection précoce.

Ce projet vise la production de fiches d’information que les communautés, les utilisateurs du fleuve (pêcheurs, plaisanciers et municipalités) et les citoyens pourront consulter en tout temps.

Améliorer la détection et le suivi des espèces aquatiques envahissantes

Lors de la première phase de ce projet, nos experts ont établi de nouvelles méthodes d’échantillonnage des espèces aquatiques envahissantes (EAE). L’objectif était de se doter d’outils de veille permettant la détection hâtive des EAE lorsqu’elles sont en phase de précolonisation, c’est-à-dire en faible nombre dans un écosystème aquatique donné, ou encore de suivre la progression d’une espèce déjà établie.

L’analyse d’ADN environnemental est une méthode qui permet la détection de l’ADN des espèces visées dans un échantillon d’eau. Sans mettre de côté les méthodes de veille traditionnelles, notamment l’échantillonnage de spécimens par capture ou récolte, l’analyse d’ADN environnemental permet la détection d’une espèce même lorsque de l’ADN se trouve en très petite quantité dans l’eau. L’ADN d’une espèce peut se retrouver dans l’eau sous différentes formes, notamment celle de fluides corporels (gamètes, sang, mucus, etc.), de déchets organiques, voire de fragments de peau, d’écailles et de structures en décompositions (feuilles, tiges, carcasses, etc.).  

Dans le cadre de la seconde phase du projet, nos experts ont pour objectifs de concevoir et d’améliorer des méthodes de veille sur les espèces aquatiques envahissantes. En plus, par exemple, de concevoir des façons de détecter un plus grand nombre d’EAE, dont certaines sont aux portes du Québec, ils étendront les zones de veille dans le Saint-Laurent et dans ses tributaires, se concentreront sur les zones jugées plus préoccupantes et augmenteront la fréquence annuelle d’échantillonnage.

Élaborer un plan d’intervention pour lutter contre les espèces aquatiques envahissantes

Les espèces aquatiques envahissantes représentent un risque pour la santé des écosystèmes. Lorsqu’on les détecte dans un nouveau secteur du Saint-Laurent, il faut donc agir de manière rapide et efficace. Une série de mesures adaptées à l’espèce identifiée peuvent être mises en œuvre. Il est possible d’éliminer les individus ou de limiter leur propagation, par exemple en les capturant ou en installant des barrières pour empêcher leur intrusion. Dans tous les cas, il s’agit de contrôler le mieux possible la présence et la dissémination de ces espèces.

La phase initiale de ce projet du PASL avait conduit à l’élaboration de la première version d’un plan d’intervention pour lutter contre les espèces aquatiques envahissantes. La deuxième phase du projet permettra de finaliser ce plan, puis de le tester dans des conditions réelles ou simulées. Ces démarches permettront de guider de manière efficace les interventions sur le terrain et de s’assurer de communications efficaces entre les différents acteurs impliqués.

Étudier les poissons exotiques envahissants et leurs effets sur les moules d’eau douce

Les moules d’eau douce qui vivent dans le fleuve Saint-Laurent utilisent un moyen inusité pour disperser leur progéniture : leurs larves s’accrochent aux branchies et aux nageoires des poissons. Quand elles se métamorphosent, les moules juvéniles se détachent et poursuivent leur développement. Or, depuis la fin des années 1990, un nouveau poisson envahissant a fait son apparition dans le fleuve : le gobie à taches noires.

Lors de la première phase du PASL, nos spécialistes ont démontré en laboratoire que les larves de la moule d’eau douce, que l’on retrouve communément dans le fleuve Saint-Laurent, ne parviennent pas à se développer normalement dans les branchies de ce poisson exotique, lequel les libère avant qu’elles ne soient complètement métamorphosées. Les travaux de la deuxième phase permettront de déterminer le risque que présentent les poissons exotiques envahissants, comme le gobie à taches noires, pour la survie des moules d’eau douce indigènes rares ou menacées. Pour ce faire, ils devront entre autres utiliser les outils génétiques conçus lors de la première phase du PASL pour identifier les larves de moules d’eau douce accrochées aux branchies des gobies à taches noires et des autres poissons exotiques envahissants du fleuve Saint-Laurent.

Détecter la dissémination et évaluer les impacts de parasites exotiques

En 2012, des chercheurs ont découvert un parasite exotique dans le lac Saint-Louis, Schyzocotyle acheilognathi. Ce ver intestinal introduit en Amérique du Nord par les carpes asiatiques peut infecter un grand nombre de familles de poissons, y compris les cyprinidés. À cause de lui, les poissons maigrissent et peuvent mourir, surtout quand ils sont jeunes. Ce pathogène pourrait également parasiter les poissons appâts que les pourvoiries vendent vivants pour la pêche sportive. Afin de limiter la propagation d’espèces aquatiques envahissantes et d’organismes pathogènes, le Québec a imposé une règlementation plus stricte de l’utilisation des poissons appâts.

Dans le cadre de ce projet, nos experts étudieront trois aspects importants de la problématique pour évaluer l’impact de ce parasite exotique. Ils chercheront à déterminer si le parasite se propage et s’établit dans le fleuve et à cerner les facteurs qui favorisent sa dispersion (ex. : poissons exotiques) ou qui la limitent (ex. : climat froid). Ils évalueront dans quelle mesure la nouvelle législation québécoise sur les poissons appâts est efficace pour éviter que les pêcheurs sportifs ne disséminent le parasite sans le savoir. Enfin, ils suivront de près l’état de santé des poissons natifs touchés par ce parasite.