Évaluer les cours d’eau tributaires du lac Saint-Pierre afin d’améliorer la qualité de l’eau et les habitats fauniques

Plusieurs problèmes rencontrés par les petits cours d’eau tributaires du lac Saint-Pierre contribuent à la dégradation de la qualité de son eau et de ses habitats. Les principaux enjeux sont l’absence ou la mauvaise qualité des bandes riveraines, l’érosion des rives, la sédimentation et l’apport d’éléments nutritifs véhiculés par les tributaires.

Un projet d’étude-action, financièrement soutenu par le Programme Interactions communautaires du Plan d’action Saint-Laurent, a été mis en œuvre pour mieux comprendre les problématiques qui affectent les cours d’eau tributaires de deux MRC bordant le lac Saint-Pierre. Le volet « étude » a permis d’effectuer la caractérisation de cours d’eau prioritaires afin de décrire les problèmes présents et de préparer des plans d’intervention. Par la suite, le volet « action » a permis de travailler à la restauration de deux tributaires jugés prioritaires pour l’amélioration de la qualité de l’eau et des habitats fauniques du lac Saint-Pierre.

Étude

Dans le cadre de la première partie de ce projet, 68 petits cours d’eau se jetant dans le lac Saint-Pierre ont été caractérisés. Pour chacun d’eux, une évaluation biophysique des lieux a permis de déterminer les facteurs qui contribuent à la dégradation de la qualité de l’eau et des habitats pour la faune. Voici les principaux problèmes qui ont été observés :

  • Bandes riveraines absentes ou insuffisantes;
  • Rives en milieu agricole très peu végétalisées et instables;
  • Ponceaux abîmés, inadéquats, sédimentés et parfois absents;
  • Végétation représentant des obstacles à la libre circulation de l’eau et des poissons.

Grâce aux données récoltées, il a été possible d’attribuer une cote de priorité d’intervention à chaque tributaire. Chacune des MRC concernées a, par la suite, reçu un plan d’intervention lui indiquant les mesures à prendre pour améliorer l’état de ses cours d’eau. Ces plans ont aussi été remis au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec et au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec.

Action

La dernière étape du projet a consisté en la mise en œuvre des recommandations visant à restaurer le cours d’eau Lavigne de la MRC D’Autray et le cours d’eau du segment 7 de la MRC Nicolet-Yamaska. Voici, en quelques chiffres, les résultats des travaux de restauration qui y ont été menés.

Cours d'eau Lavigne, MRC D'Autray

Le projet a permis l’aménagement de 67 772 m2 du cours d’eau et de sa bande riveraine, soit :

  • Restauration de 4 897 mètres de longueur totale dans le cours d’eau principal et ses branches
  • Implantation de bandes riveraines d’une largeur de trois à cinq mètres
  • Signature avec 17 propriétaires d’une entente de conservation de bande riveraine à perpétuité
  • Remplacement de 23 ponceaux
  • Plantation de plus de 15 000  arbustes

Cours d'eau du segment 7, MRC Nicolet-Yamaska

Le projet a permis l’aménagement de 32 051 m2 du cours d’eau par la création de bandes riveraines et d’un corridor forestier, soit :

  • Restauration de 1 144 mètres de longueur totale
  • Implantation de bandes riveraines d’une largeur de quatre mètres
  • Remplacement de huit ponceaux
  • Plantation de 10 000 arbustes

Bande riveraine avant la restauration

Bande riveraine après la restauration

Photos : @ Comité ZIP du lac Saint-Pierre


Restauration et mise en valeur de l’embouchure de la rivière Brochu

L’embouchure de la rivière Brochu est un milieu naturel exceptionnel de la région nord-côtière. La présence d’une flèche littorale sablonneuse parallèle à la côte permet l’existence d’une petite baie où l’on retrouve un marais salé d’une superficie de 17 hectares. Le mélange de l’eau douce apportée par la rivière et de l’eau salée du golfe du Saint-Laurent en fait un milieu propice au développement et au maintien d’une faune diversifiée.

Ce site exceptionnel est cependant soumis à diverses pressions naturelles et d’origine humaine. Par exemple, on y retrouve des problèmes d’érosion naturelle, mais aussi des problèmes de perte d’habitats et de dégradation de la flèche littorale occasionnées par le passage fréquent de véhicules hors route (VHR).

Afin de protéger ce milieu fragile, entre 2013 et 2016, le Comité ZIP Côte-Nord du Golfe a réalisé un projet de restauration et de mise en valeur de l’embouchure de la rivière Brochu et de son marais salé. Les activités entreprises au cours des deux phases du projet ont notamment permis d’aménager des structures d’observation, de concevoir des outils de sensibilisation à l’intention des citoyens et de restaurer environ 10 000 m2 de flèche littorale par la plantation de près de 70 000 plants d'élymes des sables. Cette revégétalisation a eu entre autres pour effet d’améliorer l’habitat de plusieurs espèces, dont des sites de nidification de la Sterne pierregarin.

Il est possible d’en savoir plus sur les divers volets de ce projet soutenu par le Programme Interactions communautaires du Plan d’action Saint-Laurent en consultant le guide sur le marais salé de la rivière Brochu réalisé par le Comité ZIP Côte-Nord du Golfe (disponible en français seulement).

 

Photo : © Comité ZIP Côte-Nord du Golfe


Restauration de milieux naturels dans le secteur de Matane

Depuis 2002, le groupe environnemental Uni-Vert restaure plusieurs sites naturels situés sur les falaises littorales du fleuve Saint-Laurent, dans le secteur de Matane. Ses interventions ont contribué à préserver la biodiversité locale en restaurant les habitats qu’on y trouvait et en évitant que des matériaux érodés n’étouffent les habitats situés au bas des falaises, en plus de stabiliser le milieu côtier.

Dans le but de contrôler le processus d’érosion des falaises et d’éviter leur décrochement, Uni-Vert poursuit ses efforts de restauration d’habitats à Petit-Matane par l’installation de matelas de branches et de fagots. Les photos ci-dessous permettent d’observer la croissance de nouvelles pousses plantées à cette fin au printemps 2014.

Falaise littorale avant restauration (mai 2014)

Vue de la falaise avant restauration

Photo : © Comité ZIP du Sud-de-l’Estuaire, Étienne Bachand, 2014

Falaise littorale après restauration (septembre 2014)

Vue de la falaise après restauration

Photo : © Environnement Canada, Catherine Soumagnas, 2014


Plan d’intervention pour la Réserve naturelle des Battures-de-Saint-Augustin-de-Desmaures

La Réserve naturelle des Battures-de-Saint-Augustin-de-Desmaures se trouve à la fois au bord du fleuve Saint-Laurent et à proximité d’un développement urbain et d’activités agricoles. Dans le but d’assurer la pérennité de cet important milieu naturel, la Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel (FQPPN), en collaboration avec la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier, a effectué une caractérisation de 12 cours d’eau qui le sillonnent, afin de répertorier et de cartographier les problématiques auxquelles ils sont confrontés (érosion, dégradation des rives, présence d’espèces floristiques envahissantes ou pollution de l’eau, par exemple).

À la suite de cette caractérisation, la FQPPN a élaboré un plan d’intervention qui comporte des actions concrètes pour remédier à ces problèmes en plus de viser des intervenants potentiels. Ce plan d’intervention permettra de rallier les acteurs du milieu autour d’enjeux communs et de les sensibiliser à l’importance de préserver ces cours d’eau et, par extension, le Saint-Laurent.

Ce projet est un bel exemple de collaboration entre l’organisme (FQPPN) et la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier, qui a permis de poser un diagnostic utile. Les participants sont maintenant prêts à passer à l’action et collaborent déjà avec la municipalité de Saint-Augustin-de-Desmaures à cet effet. Ce projet revêt une importance d’autant plus grande compte tenu du développement rapide que connaît ce secteur de la Communauté métropolitaine de Québec.

Le plan d’intervention peut être consulté sur le site Web de la FQPPN au (www.fqppn.org) dans la section Publications.

Cours d'eau de la réserve

Photo : © Corporation du bassin de la Jacques-Cartier, 2014