Utiliser les algues nuisibles et toxiques comme indicateurs pour le suivi de la qualité et de l’eutrophisation de l’eau

Contexte et description du projet

À problème complexe, recherches tous azimuts. La prolifération d’algues nuisibles ou toxiques dans l’écosystème du Saint-Laurent constitue un phénomène croissant qui préoccupe de plus en plus les communautés riveraines. Plusieurs effets de ces floraisons d’algues bleues, brunes, bleu-vert ou l’apparition de marées rouges sont assez connus : par exemple, la capacité de certaines algues à produire des composés toxiques qui s’attaquent au foie ou au système nerveux des organismes qui les consomment, ou qui altèrent le goût, l’odeur et l’aspect de l’eau potable. Par ailleurs, on connaît bien les mortalités massives de poissons survenant à la suite d’une baisse des teneurs en oxygène de l’eau, provoquée par la dégradation de la biomasse des algues.

On sait que le problème est grandement lié à l’eutrophisation mais, dans l’ensemble, le phénomène reste mal connu. Quelles algues s’avèrent spécifiquement toxiques? Quels facteurs contrôlent les floraisons d’algues, la production et la transformation des toxines dans l’écosystème? Quels effets à long terme entraîne l’exposition des organismes aquatiques à ces algues? Bref, comment la présence d’algues toxiques modifie-t-elle l’écosystème? Autant de questions que plusieurs chercheurs étudieront dans le cadre de ce projet. Les recherches couvriront un éventail très large de travaux sur plusieurs espèces d’algues et d’organismes exposés (mollusques, crustacés et poissons) d’un bout à l’autre du Saint-Laurent.

Résultats

Nous possédons maintenant plus de connaissances sur les algues toxiques et sur leurs effets sur l’écosystème du Saint-Laurent. En effet, dans le cadre de ce projet, un article scientifique sur la distribution spatiotemporelle d’une toxine au sein des enchevêtrements de la cyanobactérie Lyngbya wollei dans les lacs Saint-Pierre et Saint-Louis a été publié dans la revue Harmful Algae [1] au printemps 2016. Selon cet article, la qualité de l’eau ne serait pas le facteur le plus important pour la production d’algues toxiques. Il conclut que le suivi de l’abondance de la cyanobactérie est nécessaire à l’évaluation des risques pour la santé humaine et la qualité de l’environnement. Les recherches menées dans le cadre de ce projet ont donc conduit à une meilleure compréhension des facteurs qui influencent l’apparition d’algues nuisibles au fond du fleuve Saint-Laurent. Elles se poursuivent pour mieux documenter les facteurs responsables de la floraison d’algues toxiques.

[1] Pour plus d’information, consultez l’article original intitulé « Spatial and temporal variations of a saxitoxin analogue (LWTX-1) in Lyngbya wollei (Cyanobacteria) mats in the St. Lawrence River (Québec, Canada) » (Harmful Algae, 2016, no 57, p. 69-77).

Ministères participants

Gouvernement du Canada

  • Environnement et Changement climatique Canada
  • Pêches et Océans Canada

Gouvernement du Québec

  • Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques
  • Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs