Évaluer les risques écotoxicologiques du gobie à taches noires dans le fleuve Saint-Laurent : Impact d’une espèce envahissante sur le transfert trophique des contaminants

Contexte et description du projet

Petit poisson de fond d’origine européenne qui abonde maintenant dans la partie fluviale du Saint-Laurent, le gobie à taches noires est en train de créer une nouvelle voie de passage pour les substances contaminantes : passage vers les poissons prédateurs, puis vers les oiseaux piscivores et , peut-être, ultimement, vers les humains. Très tolérant à la pollution, le gobie colonise tous les milieux aquatiques, y compris les eaux de qualité douteuse, comme les panaches des effluents municipaux. Il s’y alimente d’invertébrés benthiques et d’organismes filtrants reconnus pour concentrer les toxiques, notamment la moule zébrée que ne consomment pas les autres poissons. Comme il est devenu la proie principale de plusieurs prédateurs indigènes (doré, achigan, brochet, etc.), il risque de transmettre à ces poissons davantage de contaminants que ne le font les autres proies. Et comme plusieurs de ces prédateurs sont des poissons d’intérêt sportif, les pêcheurs risquent davantage de trouver du poisson contaminé dans leur assiette.

Les partenaires du PASL ont jugé crucial de quantifier le risque écotoxicologique que représente le gobie à taches noires, afin d’évaluer dans quelle mesure il contribue au transfert des contaminants dans la chaîne alimentaire. Pour réaliser leur projet, les chercheurs évalueront les concentrations de contaminants (classiques et d’intérêt émergent) trouvés dans les sédiments d’une dizaine de stations d’échantillonnage dans le panache de l’effluent de Montréal. Puis, ils compareront les teneurs corporelles en contaminants des gobies et d’autres poissons proies indigènes, avant d’établir une relation entre la contamination des gobies et celle de leurs prédateurs, particulièrement les poissons d’intérêt sportif.

Résultats

Ce projet a permis de mesurer l’accumulation de plusieurs contaminants classiques et émergents dans les poissons proies du Saint-Laurent, ainsi que le transfert trophique (c.-à-d. dans la chaîne alimentaire) des retardateurs de flammes. Deux articles sont en cours de rédaction, l’un portant sur le transfert trophique des polybromodiphényléthers (PBDE), un retardateur de flammes, et l’autre sur la comparaison des niveaux de contamination dans le gobie à taches noires, la perchaude et le meunier noir. Une fiche d'information sur le transfert trophique des retardateurs de flammes sera publiée sous peu.

Ministères participants

Gouvernement du Canada

  • Environnement et Changement climatique Canada

Gouvernement du Québec

  • Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques