Des collectivités impliquées pour le Saint‐Laurent – Des expériences à partager

Programme communautaire de surveillance aquatique

Carrousel RVSL no 1 – Comité ZIP Côte‐Nord du Golfe (CNG) – Aurore Pérot

Photo d'Aurore Pérot

Biographie

Biologiste de la faune et ornithologue, Aurore est titulaire, depuis 2007, d’une maîtrise en biologie de l’Université de Moncton. Depuis lors, elle a acquis beaucoup d’expérience en gestion des milieux naturels. En effet, Aurore a peaufiné son expertise lors de son mandat au Comité ZIP CNG à titre de responsable de la caractérisation des habitats littoraux d’intérêt en Minganie et de la restauration et mise en valeur des habitats floristiques essentiels du cap Ferré. Sous sa gouverne, ce projet a d’ailleurs valu au Comité ZIP CNG un Phénix de l’environnement en 2012. En 2009, elle a quitté provisoirement la ZIP pour vivre une expérience unique sur l'île de Crozet, dans les Terres australes et antarctiques françaises, où elle a hiverné un an en tant qu’ornithoécologue afin d’assurer le suivi démographique des oiseaux et des mammifères marins. De retour au Comité ZIP depuis l’été 2011, Aurore assure désormais la direction de l’organisme.

Résumé

Le projet PCSA (programme communautaire de surveillance aquatique) initie les jeunes à la biologie marine et aux techniques d’échantillonnage de la faune ichthyenne. Par l’entremise de ce programme, les jeunes sont amenés à participer à un projet scientifique qui vise à élaborer une base de données de référence sur les poissons et les crustacés retrouvés à l’embouchure des rivières et dans les baies de la Côte‐Nord.

Complément

Les participants assistant à cette présentation se sont intéressés à la zone d’échantillonnage ainsi qu’aux espèces échantillonnées. En effet, plusieurs questions et commentaires portaient sur cette dimension du projet. Le Comité ZIP Côte‐Nord du Golfe a sélectionné ce site en fonction de ses caractéristiques physiques, mais également en misant sur la sécurité des jeunes et sur la présence de marées. Le projet ne ciblait pas les mollusques, gastéropodes et coquillages peu ou pas présents sur le site d’échantillonnage sélectionné. Le Comité ZIP n’a pas non plus échantillonné d’espèces aquatiques envahissantes dans le cadre du présent projet, le site d’échantillonnage en étant dépourvu.

Quant à l’implication et à la formation des clientèles cibles, autres facettes questionnées à la suite de la présentation, le Comité ZIP a fait valoir que ce programme débuté récemment (en 2011) a généré diverses implications : certains groupes approchés par l’intermédiaire des écoles, des camps de jeunes et des mouvements scouts reviennent en effet chaque année, notamment les scouts, d’autres non (c’est le cas des écoles). Tout dépend de leur motivation. Le temps de formation des jeunes est adapté en fonction des conditions de terrain et surtout en fonction des espèces de poissons présentes sur le site. L’étape préliminaire aux travaux de cueillette sur le terrain est dispensée en classe. La valorisation des données recueillies a été au cœur des discussions également. Le Comité ZIP Côte‐Nord du Golfe envisage des partenariats avec une université ainsi qu’avec des ministères où ces données pourraient être intégrées dans les rapports (Pêches et Océans Canada et le ministère des Ressources naturelles du Québec).

À ceux qui émettaient des préoccupations quant à la valeur des données recueillies, le Comité ZIP fait valoir que le programme suit une méthodologie reconnue et utilisée par Pêches et Océans Canada et que les jeunes étaient supervisés par un chargé de projet professionnel, et qu’ainsi, on peut considérer les données comme étant des acquisitions scientifiques.

Bien que l’approche préconisée s’inspire de celle proposée par Pêches et Océans Canada, initialement, le projet ne devait pas aboutir vers la mise au point d’un indice d’intégrité biotique, mais cette possibilité n’est toutefois pas complètement écartée, et sera tributaire de l’analyse finale des données.

Caractérisation, sensibilisation et mise en valeur des milieux humides des Îles‐de‐la‐Madeleine

Carrousel RVSL no 2 – Comité ZIP des Îles‐de‐la‐Madeleine – Yves Martinet

Photo d'Yves Martinet

Biographie

Yves Martinet a joint le Comité ZIP des Îles‐de‐la‐Madeleine en 2000, d’abord comme responsable du volet géomatique, pour ensuite occuper successivement divers postes tels que celui de coordonnateur de cinq initiatives de gestion intégrée des plans d’eau intérieurs de l’archipel, de chargé de projet, de directeur adjoint, puis de directeur depuis 2006. Fervent adepte du développement durable, il tente de mettre en pratique ce concept quotidiennement par l’entremise de son travail de concertation avec l’ensemble des intervenants de la zone côtière madelinienne. Il est particulièrement fier d’œuvrer à favoriser la mise au point de mécanismes de prise en main du milieu par le milieu qui, par le biais d’une relation de confiance privilégiée, engendre une multitude de retombées positives au profit de l'ensemble de la collectivité. Il participe ou orchestre différentes rencontres de concertation ou de consultation, et il réalise ou organise diverses campagnes d’inventaires (myes, mactres, etc.), diverses campagnes d’acquisition de données (bathymétrie, caractérisation végétale, rejets d’eau usée, reproduction de l’éperlan arc‐en‐ciel, échantillonnage d’eau, sondages, etc.). Il représente l’organisme sur une vingtaine de comités de travail (table de concertation, comités consultatifs, etc.) sur des dossiers d’intérêts (usages, ressources, etc.) tant à l’échelle locale, régionale que nationale. Il est aussi impliqué auprès de différents conseils d’administration (Conseil régional de l’environnement Gaspésie–Îles‐de‐la‐Madeleine, Comité directeur de la coalition pour la viabilité du sud du golfe du Saint‐Laurent, etc.).

Résumé

Les résultats obtenus dans le cadre du projet ont permis de nous faire découvrir l’importance de la diversité et de l’étendue des milieux humides de petite superficie (moins d’un hectare) sur le territoire madelinot. Tout en bonifiant la cartographie des milieux humides et en sensibilisant la population (surtout les jeunes) quant à l’importance de ces joyaux naturels sur notre qualité de vie, et grâce à l’étroite collaboration des acteurs concernés, nous avons pu élaborer un mécanisme d’aide à la décision standardisé, basé sur l’intégration d’un indice de qualité adapté et facile d’utilisation permettant de légitimer la protection ou l’altération éventuelle des milieux humides de l’archipel.

Complément

Quoique intéressant, le format des présentations en carrousels laissait peu de temps aux périodes de questions et de commentaires. Cependant, plusieurs intervenants présents ayant de l’intérêt pour ce projet ont fait valoir qu’ils communiqueraient avec le Comité ZIP ultérieurement. Les intervenants s’interrogeaient notamment sur l’approche préconisée par le Comité ZIP pour impliquer, d’une part, la municipalité des Îles‐de‐la‐Madeleine et, d’autre part, les propriétaires privés des terres où des interventions étaient prévues. Si la collaboration avec la municipalité s’est concrétisée assez rapidement, il a fallu investir davantage de temps et de moyens pour convaincre les propriétaires privés. De façon globale, les réticences de ces derniers à l’aube du projet en 2005 ont laissé la place progressivement à un accueil favorable généralisé en 2008. Cette situation s’explique par les efforts du Comité ZIP, mais également par un effet « domino » propagé de propriétaire en propriétaire. Techniquement parlant, le Comité ZIP s’est aussi inspiré de l’approche de Canards Illimités, qui a collaboré au projet, notamment pour le traitement des bases de données et de la photo‐interprétation. Ce projet constitue ultimement un outil d’aide à la décision pour la municipalité et pour les intervenants impliqués. En ce sens, la municipalité a souligné qu’elle désirait que des recommandations soient intégrées à l’outil.

Plan de protection des frayères de l’éperlan arc‐en‐ciel de la rivière Saguenay

Carrousel RVSL no 3 – Comité ZIP Saguenay – Ghislain Sylvain (directeur général) et Sébastien Cloutier (chargé de projet)

Photo de Sébastien Cloutier

Biographie

Ghislain Sylvain, directeur général, Comité ZIP Saguenay

Géographe de formation (B. Sc., Université du Québec à Chicoutimi [UQAC], 1976), M. Sylvain a travaillé pour diverses firmes privées avant d’être nommé au poste de directeur général du Comité ZIP Saguenay en 1993. Il a mené de front plusieurs centaines de projets en environnement avec différents partenaires des milieux municipal, gouvernemental, communautaire et environnemental.

Sébastien Cloutier, chargé de projet

Titulaire d’une formation technique en aménagement au Cégep de Saint‐Félicien (2000) avant d’étudier la géographie (B. Sc., Université de Sherbrooke, 2005) et l’océanographie (M. Sc., Université du Québec à Rimouski [UQAR], 2009), M. Cloutier s’est joint au Comité ZIP Saguenay en 2009. Fort de plusieurs collaborations, tant au Québec qu’à l’étranger, il occupe le poste de spécialiste en océanographie pour la firme Aecom et intervient occasionnellement à titre de consultant pour le Comité ZIP Saguenay.

Résumé

La rivière Saguenay est une des plus grandes rivières du Québec. La Ville de Saguenay, 5e conurbation québécoise, est établie en bordure de la section de rivière appelée Moyen Saguenay. Le Moyen Saguenay a récemment été désigné en tant qu’unique lieu de rassemblement et de fraye de l’éperlan arc‐en‐ciel du Saguenay. L’éperlan constitue la base de la chaîne alimentaire de la rivière Saguenay, et il est aussi pêché sportivement. Les activités de pêche hivernale représentent à elles seules plus de 4 M$ annuellement en retombées économiques régionales. Or, en plus d’être localisé en zone urbaine, le Moyen Saguenay draine un bassin hydrographique fortement influencé par les activités humaines. Cet état de fait préoccupant a motivé, en 2009, l’élaboration d’un bilan des connaissances. À la suite de la diffusion de ce bilan, deux tables de concertation ont été mises en place, entre 2010 et 2011, afin de recueillir les recommandations et les pistes d’action qui devraient être suivies dans le cadre d’un plan de protection. Ces réflexions ont permis de constater l’évident manque de connaissances concernant la biologie et l’utilisation du territoire par l’éperlan arc‐en‐ciel du Saguenay. C’est ainsi qu’un projet de recherche visant à étudier la reproduction de l’espèce a été proposé. Ce projet de recherche a pour but d’établir les bases scientifiques en vue d’une gestion pérenne de l’éperlan du Saguenay et comporte trois volets :

     

  1. la montaison des reproducteurs et la fraye;
  2.  

  3. les conditions d’incubation des œufs;
  4.  

  5. les conditions de dérive larvaire.
  6.  

La première phase de cette étude est en cours depuis 2011, et un sommaire des résultats est présentement en préparation. Le document final pourrait être prêt à la fin de la présente année. Quant aux deux autres volets, ils regroupent l’expertise de plusieurs scientifiques de l’UQAC et de l’UQAR. Présentement, le Comité ZIP Saguenay et ses partenaires sont à la recherche de financement pour faire avancer ce dossier.

Complément

Le principal sujet abordé par les participants à cette présentation du Comité ZIP Saguenay portait sur l’octroi d’un statut de protection pour l’éperlan arc‐en‐ciel de la rivière Saguenay. En raison de l’importance économique (4 millions de dollars de retombées de la pêche blanche annuellement au Saguenay seulement) et écologique de la ressource (maillon important de la chaîne trophique) et compte tenu du fait que cette espèce évolue, en partie, dans des milieux susceptibles d’avoir des répercussions sur elle (présence industrielle, urbanisation et agriculture intensive), plusieurs des intervenants présents faisaient valoir que l’éperlan devrait obtenir un traitement particulier et faire l’objet d’une gestion permettant d’en assurer la pérennité. Les participants se sont intéressés également au travail du Comité ZIP qui, dans ce dossier, consiste notamment à concerter et à sensibiliser les différents intervenants (usagers – dont gestionnaires de marinas, plaisanciers, pêcheurs –, industrie – mines et papeteries –, représentants agricoles [UPA], gestionnaires et élus municipaux), en regard de l’exploitation durable de la ressource et de la protection de son écosystème. Le projet actuel en lien avec la mise sur pied d’une gestion durable en est à une étape d’acquisition de connaissances. Cette étape est nécessaire et conditionnelle à la mise sur pied d’un plan de gestion. Trois éléments feront l’objet de cette acquisition de données : la montaison, les conditions hydrodynamiques et un suivi physicochimique de l’environnement de croissance des larves (conditions de la dérive larvaire).

Restauration et aménagement du littoral au Bas‐Saint‐Laurent

Carrousel RVSL no 4 – Comité ZIP du Sud‐de‐l’Estuaire – Étienne Bachand (chargé de projet)

Photo d'Étienne Bachand

Biographie

Étienne Bachand (M. Sc.) a été choisi pour la charge de ce projet. Il a été diplômé de la chaire de recherche en géoscience côtière de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) en 2010. À partir de juillet 2010, M. Bachand a joint l’équipe du Comité ZIP du Sud‐de‐l’Estuaire et a eu le mandat de poursuivre la tournée « Côtes à côtes face aux risques côtiers » en tant que chargé de projet (www.cotesacotes.org). M. Bachand a aussi participé à la réalisation et à la diffusion du Guide de bonnes pratiques au Bas‐Saint‐Laurent, restauration et aménagement du littoral. Il a participé à différents projets de restauration du littoral notamment à l’embouchure de la rivière Mitis à Rivière‐Ouelle et à Sainte‐Flavie.

Résumé

Notre projet traite de la restauration et de l’aménagement du littoral au Bas‐Saint‐Laurent selon des techniques vertes comme l’ensablement et le génie végétal. La première partie du projet consistait à élaborer un guide des bonnes pratiques qui propose différentes techniques de stabilisation des berges dites « vertes » et une liste de végétaux indigènes adaptés aux conditions maritimes bas‐laurentiennes. La deuxième partie du projet consistait en l’application de ces techniques de restauration sur deux plages naturelles à Sainte‐Flavie et à Rivière‐Ouelle qui ont été touchées par la tempête de décembre 2010. Le guide et les travaux de restauration visaient à proposer aux communautés côtières différentes alternatives moins coûteuses et plus environnementales aux structures traditionnelles rigides (murets, enrochement, etc.).

Complément

Le Comité ZIP du Sud‐de‐l’Estuaire a misé sur une approche alternative d’implication citoyenne pour faire face à des problèmes côtiers qui a notamment comme avantage de minimiser les coûts des approches de restauration et d’aménagement (350 $/mètre linéaire en comparaison à une moyenne de 5 000 $/mètre linéaire pour l’enrochement). La réponse au recours à une pratique alternative à l’enrochement a été partagée : certains ont adhéré; d’autres, plus sceptiques, sont encore à convaincre (l’enrochement a une image de sécurité dans l’imaginaire des gens). Les citoyens et autorités des municipalités de Sainte‐Flavie et de Rivière‐Ouelle ont collaboré. La mise en œuvre d’une telle approche est donc favorisée par l’implication des municipalités qui, dans le cadre du projet, ont fourni la machinerie et ont financé les végétaux, notamment à Rivière‐Ouelle. Ces derniers provenaient essentiellement des Jardins Métis qui ont préparé des plants d’élymes et les ont vendus à bon prix (0,75 $/plant). Les travaux ont été réalisés sur des terrains publics appartenant aux municipalités, mais ce type de projet serait tout à fait applicable aux terrains privés. Cependant, le mandat reviendrait alors à des regroupements de citoyens. Quant aux suivis à faire d’ici la fin 2013, c’est le Comité ZIP du Sud‐de‐l’Estuaire qui les assumera. Les responsables pour les années ultérieures devront être désignés. Des recommandations aux municipalités quant à l’entretien qui sera nécessaire ont été faites. Des recharges supplémentaires en sédiments seront, notamment, nécessaires tous les trois à sept ans environ.

Plan de conservation et mise en valeur des terres publiques de la rive nord

Carrousel RVSL no 5 – Comité ZIP du lac Saint‐Pierre – Louise Corriveau

Photo de Louise Corriveau

Biographie

Passionnée par les territoires naturels, Mme Corriveau débute sa longue carrière comme directrice et assistante à la protection de la faune à la ZEC des Nymphes de 1987 à 2000. Elle rejoint ensuite les rangs du Comité ZIP du lac Saint‐Pierre et devient rapidement la directrice générale (en 2004). Mme Corriveau compte près de 10 années d’expérience en tant que directrice générale du Comité ZIP et plus d’une vingtaine d’années acquises en gestion administrative, technique et environnementale. Son expérience lui permet de participer à plus de 130 projets de protection et de mise en valeur pour la région du lac Saint‐Pierre, en plus d’en assurer la mise en œuvre et la supervision. En outre, elle a travaillé à la création de l’aire faunique communautaire (AFC) du lac Saint‐Pierre, puis en a pris la direction de 2006 à 2010. Avec son équipe, elle participe à une trentaine de tables de concertation et d’action ciblant toutes la région du lac Saint‐Pierre.

Résumé

Si certaines activités étaient soucieuses de l’environnement, d’autres contribuaient à la dégradation des milieux humides des terres de la rive nord du lac Saint‐Pierre. Bien que le territoire soit reconnu réserve mondiale de la biosphère et site Ramsar, peu de données fauniques et floristiques étaient accessibles. Jumelés à la récupération de déchets par des jeunes socioprofessionnels, des inventaires fauniques et floristiques sont entrepris en 2005 pour l’ensemble du territoire (1 010 ha). Au final, ces travaux auront permis d’initier plusieurs autres projets aussi exceptionnels : table de concertation, acquisition des terres, aménagement de passerelles, projet cerf, suivi de nichoirs, suivi de plantes envahissantes, etc.

Complément

Les participants à cette présentation s’interrogeaient sur l’approche mise en place par le Comité ZIP du lac Saint‐Pierre permettant de concerter et de mobiliser le nombre important de partenaires associés au projet. Le succès de cette démarche repose essentiellement sur l’expertise du Comité ZIP en matière de concertation et de mobilisation régionale : ce dernier est un joueur connu et reconnu par l’ensemble des intervenants régionaux. Aussi, le projet en soi était mobilisateur. Les participants ont été surpris du degré de mobilisation des partenaires municipaux. L’envergure des travaux effectués ainsi que le financement rassemblé a également suscité des commentaires positifs. Le projet a reposé sur un montage financier complexe rassemblant des partenaires locaux, régionaux, provinciaux et fédéraux issus de programmes normés, de contributions publiques, gouvernementales, privées et industrielles. Sur le plan technique, ce sont les méthodes de disposition et de valorisation des matières résiduelles qui ont suscité le plus de commentaires et de questionnements. Le Comité ZIP du lac Saint‐Pierre disposait d’ententes préalables avec des instances municipales et des recycleurs régionaux pour disposer des matières résiduelles : un conteneur pour les matières vouées à l’enfouissement, un pour les matières destinées au recyclage. Les métaux étaient pris en charge par des recycleurs. La méthodologie scientifique pour les acquisitions de données fauniques et floristiques a suscité peu de questions, la présentation et les documents remis à l’auditoire étant précis à cet égard.

Caractérisation et réhabilitation des bandes riveraines en bordure du fleuve Saint‐Laurent à la hauteur de la ville de Repentigny : de la concertation vers l’action

Carrousel RVSL no 6 – Comité ZIP des Seigneuries – Marie‐Kim Boucher (directrice générale)

Photo de Marie-Kim Bouchard

Biographie

Mme Marie‐Kim Boucher est détentrice d’un baccalauréat en biologie concentration faune et habitats de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et d’un diplôme de 2e cycle en gestion de l’environnement de l’Université de Sherbrooke. À l’emploi du Comité ZIP des Seigneuries depuis janvier 2013, elle est directrice générale de cet organisme. Auparavant, elle avait cumulé quelques années d’expérience autant sur le terrain, en participant à plusieurs inventaires fauniques, que dans les bureaux de différentes municipalités dans la région des Laurentides et de l’Estrie, en étant responsable de l’application des règlements municipaux touchant l’environnement, notamment la revégétalisation des bandes riveraines et la gestion des matières résiduelles. De plus, elle a travaillé au sein de plusieurs organismes et entreprises dans le domaine de la sensibilisation et de la vulgarisation d’informations scientifiques.

Résumé

Parmi les problématiques environnementales en lien avec le fleuve Saint‐Laurent, la modification de la structure et de la composition des bandes riveraines est de loin la plus généralisée à l’ensemble du corridor fluvial. L’intensité de cette problématique atteint par ailleurs son paroxysme près des grands centres urbains. Dans ce contexte et avec le souci d’assurer la pérennité des usages et une utilisation durable des ressources, le Comité ZIP des Seigneuries, en partenariat avec la Ville de Repentigny, a mis au point le projet de caractérisation et de réhabilitation des bandes riveraines en bordure du fleuve Saint‐Laurent sur le territoire de la ville de Repentigny. Celui‐ci a été déployé entre 2008 et 2011. Ce projet, basé entre autres sur les lignes directrices de la Politique environnementale de la Ville de Repentigny, visait à sensibiliser les propriétaires riverains au fait que le déboisement et l’artificialisation des rives nuisent grandement au fleuve Saint‐Laurent. Ses objectifs étaient d’éveiller l’intérêt des citoyens à la protection de l’environnement afin de favoriser l’adoption de comportements écoresponsables qui contribuent à améliorer la qualité de l’environnement fluvial et d’offrir à la collectivité des outils pour parvenir à restaurer les bandes riveraines. Ce projet s’est articulé autour de trois volets : la caractérisation des bandes riveraines, afin d’obtenir un portrait à la fois global et détaillé et d’en évaluer l’état de santé; la sensibilisation et la formation, en abordant différents thèmes en lien avec la protection et l’aménagement des bandes riveraines; et finalement, l’aménagement de deux bandes riveraines modèles, afin de démontrer que l’établissement d’une bande riveraine adéquate est compatible avec les préoccupations des riverains. Près de 400 personnes ont été informées de cette problématique environnementale locale dans ce projet.

Complément

Le projet a notamment pu être mené à bien grâce au soutien de partenaires privés et du programme Interactions communautaires du Plan d’action Saint‐Laurent. Pour réaliser ce projet, le Comité ZIP a misé sur des approches favorisant l’implication et l’acceptabilité sociale des citoyens, réticents au début. À cet égard, la Société d’horticulture a offert son appui afin d’offrir des rabais sur certaines plantes, mais la Ville n’a pas créé d’incitatif favorisant l’implication des citoyens. Le Comité ZIP Baie des Chaleurs participant à la présentation a suggéré de vendre des arbustes au rabais une fois par année pour inciter la participation riveraine. Le projet a mobilisé un grand nombre de participants durant le projet (une centaine), mais peu se sont impliqués ensuite. L’implication citoyenne et bénévole semble donc imputable à l’encadrement d’un organisme structuré comme le Comité ZIP des Seigneuries. Le projet n’a pas modifié l’accessibilité au fleuve et notamment au parc de l’île Lebel, cet accès étant, par ailleurs, déjà difficile.

Caractérisation biogéophysique des colonies de renouées japonaises : étude de leur impact sur les communautés végétales et entomologiques

Carrousel RVSL no 7 – Comité ZIP Jacques‐Cartier – Sylvie Bibeau

Photo de Sylvie Bibeau

Biographie

Sylvie Bibeau est nouvellement membre du conseil d’administration de Stratégies Saint‐Laurent. Elle détient un baccalauréat en biologie, un diplôme d’études supérieures spécialisées en toxicologie et deux certificats en études environnementales et en écologie, en plus d’être membre de l’Association des biologistes du Québec. Elle a débuté au Comité ZIP Jacques‐Cartier en 2005 en tant que chargée de projet avant d’être nommée directrice générale en 2008. Auparavant, elle a été directrice générale de l’organisme Les Gardiens de l’environnement, où elle opérait entre autres un centre d’éducation sur la récupération et le recyclage dans l’Est de Montréal. Par la suite, elle a été assistante de recherche pour Christian Blaise, au Centre Saint‐Laurent d’Environnement Canada, où elle a réalisé une recherche scientifique pour l’édition du livre Small‐scale Freshwater Toxicity Investigations. Elle est très impliquée dans le milieu environnemental, en faisant partie de plusieurs conseils d’administration, dont celui du Comité mixte municipal, industrie et citoyens de l’Est de Montréal (CMMIC‐EM) et du Conseil régional de l’environnement de la Montérégie (CRE Montérégie).

Résumé

La renouée japonaise et ses différentes variétés figurent parmi les plantes exotiques les plus nuisibles tant du point de vue social qu’économique et environnemental. Celle‐ci modifie la structure et la composition des communautés végétales, et par conséquent, engendre des impacts sur les chaînes alimentaires qui leur sont associées. Elle limite la disponibilité des nutriments du sol, en créant de l’ombrage. Elle agit aussi sur la croissance des espèces indigènes en libérant des toxines par ses rhizomes. Les rives semblent particulièrement touchées par la problématique de la colonisation de la renouée japonaise. Elles sont des milieux de grand intérêt parce qu’elles forment une zone de transition entre le milieu terrestre et le milieu aquatique. De plus, ces milieux représentent des habitats fauniques importants, particulièrement dans les paysages fortement urbanisés. Par ce projet, nous souhaitons approfondir la compréhension et la sensibilisation des communautés sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal relativement à cette espèce exotique envahissante (EEE) afin d’en réduire les impacts sur les communautés riveraines. Les objectifs sont (1) d’accroître nos connaissances sur cette EEE; (2) de documenter sa répartition dans le Québec méridional; (3) de mettre au point des outils de sensibilisation destinés aux décideurs et aux pépiniéristes; et (4) de définir des mesures de contrôle et d'éradication pour les milieux fragiles tels que les milieux humides.

Complément

Les participants s’interrogent notamment sur les causes de la présence de la renouée japonaise et de son expansion sur le territoire. Selon le Comité ZIP, c’est par l’horticulture qu’elle est apparue au Québec. Elle est présente là où l’humain est présent, suivant généralement une expansion du sud vers le nord du Québec. Une fois que les citoyens ont implanté l’espèce et qu’elle se répand rapidement, ils cherchent à s’en départir. Plusieurs s’en débarrassent dans les terrains laissés à l’abandon. L’excavation du sol associé qui a accueilli la plante et la réutilisation de cette terre pour du remblayage sur un autre site constituent aussi une source de dissémination de la renouée japonaise. En matière de mesures d’éradication, autre sujet abordé, les études démontrent qu’il est possible de la contrôler en combinant deux méthodes : l’arrachage de la tige, qui doit se faire de cinq à six fois du printemps à la fin de l’été, et l’injection d’un bioherbicide dans les tiges. Pour assurer le contrôle ou l’éradication de cette espèce, il faudra avant tout cesser de vendre la plante dans les centres horticoles, contrôler les terres de remblayage et sensibiliser la population sur les moyens pour s’en débarrasser. Quant au pouvoir de prolifération de cette EEE, le Comité ZIP Jacques‐Cartier a démontré que la renouée japonaise a des rhizomes qui s’enfoncent profondément et qui s’étalent jusqu’à 10 mètres. Elle peut se reproduire à partir du rhizome, même après 10 ans, ainsi que par la tige. Ces caractéristiques font d’elle une EEE difficile à contrôler ou à enrayer.