Mise à jour sur les indicateurs du suivi de l’état du Saint‐Laurent : Physicochimie et contamination (Salle BC)

Évolution des niveaux et débits du fleuve Saint‐Laurent

Photo d'André Bouchard

André Bouchard

Ingénieur, chargé de projet
Section de l’hydrologie et de l’écohydraulique
Service météorologique du Canada
Environnement Canada

Biographie

André Bouchard a obtenu son diplôme en génie géologique de l’Université Laval en 1987. Il s’est joint au Centre Saint-Laurent d’Environnement Canada en 1988 pour travailler sur les effets des précipitations acides sur les écosystèmes lacustres du Québec. Par la suite, M. Bouchard s’est joint aux Relevés hydrologiques du Service météorologique du Canada en janvier 1997, où il a géré plusieurs projets portant sur les mesures courantométriques à l’aide de technologies hydroacoustiques, sur la modernisation du réseau hydrométrique fédéral au Québec, sur la gestion des données hydrométriques par l’entremise du nouveau poste de travail hydrométrique, sur la caractérisation de l’hydrologie du fleuve Saint-Laurent (tronçon Montréal–Trois-Rivières) dans le cadre des activités de la Section de l’hydrologie et de l’écohydraulique pour la mise au point de modèles écohydrauliques du fleuve Saint-Laurent et sur le passage aux opérations des modèles hydrodynamiques du fleuve Saint-Laurent au Centre météorologique du Canada.

Résumé

Les fluctuations des débits de l’eau à Sorel sont de l’ordre de 14 000 m³/s (6 000 à 20 000 m³/s). On y observe une alternance de forts et faibles débits de 1930 jusqu’à nos jours. Depuis 2002, il y a eu quelques événements de faibles débits, dont un en 2007 et un en 2012. Toutefois, les faibles débits des récentes années ne constituent pas de nouveaux records. Le patron d’écoulement du Saint-Laurent a été modifié par de nombreuses interventions humaines dans les années 1960, rendant difficile l’établissement d’une tendance historique. Malgré le fait que les deux principaux intrants au fleuve sont régularisés, la marge de manœuvre pour gérer des événements extrêmes en crue et en étiage est limitée. Le nouveau plan de régularisation envisagé pour le lac Ontario prend en considération non seulement les besoins du plan d’origine (navigation, production hydroélectrique, etc.), mais aussi des enjeux comme l’érosion et l’environnement.

Complément

Dans l’actuel plan de régularisation des niveaux d’eau, seules les considérations hydro-électriques et du transport maritime des marchandises sont au centre des décisions. Le nouveau plan de régularisation sera conçu en tenant compte des enjeux environnementaux, en y intégrant davantage d’indicateurs. Le plan sera soumis à la consultation publique bientôt, mais aucune date n’est connue pour l’instant. Le débit au lac Saint-Pierre est calculé à partir des intrants et de tous les apports latéraux.
Le cadre de la présentation ne permet pas de statuer sur la relation à faire entre l’utilisation de l’aéroglisseur et son impact possible sur le milieu naturel ni sur l’existence d’un effet sur la biodiversité. L’impact du cycle de la marée montante peut s’avérer assez important sur l’écoulement de l’eau douce à Québec. Il n’est pas possible, dans le cadre de cette présentation, d’estimer si le débit de l’eau est beaucoup plus élevé ou non à Québec qu’il y a 30 ans.

Qualité de l’eau du secteur fluvial de 1995 à 2010

Photo de Serge Hébert

Serge Hébert

Coordonnateur des réseaux de surveillance de la qualité des cours d’eau
Direction du suivi de l’état de l’environnement
Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs du Québec

Biographie

Détenteur d’une formation en biologie et en sciences de l’eau à l’Université Laval et au Centre Eau Terre Environnement de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS?ETE), Serge Hébert agit à titre de spécialiste de la qualité de l’eau à la Direction du suivi de l’état de l’environnement du MDDEFP depuis 1991. Il est aujourd’hui coordonnateur des réseaux de surveillance de la qualité des cours d’eau et a réalisé plusieurs études portant sur la qualité de l’eau du fleuve Saint?Laurent.

Résumé

Malgré quelques fluctuations interannuelles entre 1995 et 2010, on n’observe aucune tendance dans le pourcentage annuel de stations de qualité bonne ou satisfaisante (pourcentage moyen de 72 %). À la hauteur de Québec, on n’observe aucune tendance significative dans les concentrations de matières en suspension et de phosphore, les valeurs médianes de ces paramètres étant respectivement de 10,3 et 0,026 mg/l. On note par contre une augmentation des concentrations de coliformes fécaux, les valeurs estimées passant de 107 UFC/100 ml au début de la période à 171 UFC/100 ml à la fin de 2010.

Complément

Les trois enjeux principaux à surveiller sont les suivants

     

  1. La baignade reste problématique dans certains tronçons du fleuve. Des efforts d’assainissement supplémentaires (désinfection et débordements des réseaux d’égouts) aideront à la réintroduction de cet usage notamment pour ce qui est de la contamination municipale. La Ville de Montréal mettra en place une infrastructure de désinfection qui améliorera la situation éventuellement.
  2.  

  3. Il faut continuer à cibler une diminution des rejets de phosphore dans nos actions d’intervention.
  4.  

  5. Les contaminants émergents sont une préoccupation majeure.
  6.  

Suivi de la qualité de l’eau : contaminants toxiques

Photo de Myriam Rondeau

Myriam Rondeau

Chargée de projet sur la qualité de l’eau
Monitoring et surveillance de la qualité de l’eau
Environnement Canada

Biographie

Détentrice d’une formation en géologie et d’une maîtrise en géochimie à l’Université du Québec à Montréal, Myriam Rondeau travaille chez Environnement Canada depuis 1990 à titre de chargée de projet sur la qualité des eaux et en particulier sur la présence et le transport des contaminants dans le fleuve Saint-Laurent. Depuis 2006, elle agit à titre de spécialiste principale en géochimie fluviale et est impliquée dans de nombreux projets nationaux concernant la qualité des eaux au Canada.

Résumé

Le transport des contaminants dans le Saint-Laurent a été évalué au moyen du calcul des charges annuelles à deux entrées principales du fleuve, soit l’île Wolfe pour les apports des Grands Lacs et la rivière des Outaouais et à la sortie du fleuve vers l’estuaire à Lévis entre 1995 et 2009. Les sources varient pour les différents contaminants du fleuve (nutriments, métaux, mercure, pesticides et polybromodiphényléthers [PBDE]). Ainsi, si peu de tendances temporelles ont été détectées pour les différents composés analysés, on observe que les fluctuations interannuelles de niveaux d’eau du fleuve jouent un grand rôle dans le transport des contaminants. Si les apports de nutriments au fleuve Saint-Laurent proviennent dans une large proportion du lac Ontario, les matières en suspension et les contaminants associés à celles-ci ne proviennent pas des Grands Lacs.

Complément

Il n’est pas possible de répondre, dans le cadre de cette présentation, sur l’impact du dragage sur la teneur en contaminants à la suite de la remise en suspension des sédiments contaminés. Il n’est pas non plus possible de statuer sur la mise à jour des schémas de dispersion et de mélange des eaux à la suite de l’installation des caissons de roches au pont Laviolette. Il y a effectivement des produits pharmaceutiques qui sont détectés dans l’eau du fleuve.

Qualité des sédiments du Saint‐Laurent – Retour à la case départ

Photo de Magella Pelletier

Magella Pelletier

Responsable du suivi de la qualité des sédiments
Monitoring et surveillance de la qualité de l’eau – Bassin Atlantique
Environnement Canada

Biographie

Détenteur d’une maîtrise en géologie de l’environnement de l’Université Laval et de l’Institut national de la recherche scientifique, Magella Pelletier agit à titre de sédimentologue à la Direction du monitoring et de la surveillance de la qualité de l’eau depuis 2001. Il est aujourd’hui responsable du suivi de la qualité des sédiments pour le secteur du fleuve Saint-Laurent et responsable national du volet sédiment pour le Plan de gestion des produits chimiques. Il a réalisé plusieurs études portant sur les différents lacs fluviaux du fleuve Saint-Laurent et sur les substances d’intérêt émergent.

Résumé

Durant le 20e siècle, les sédiments du fleuve Saint-Laurent et principalement ceux des lacs fluviaux ont été contaminés par les rejets industriels et municipaux engendrés par l’essor économique qu’a connu l’Amérique du Nord. De nombreux contaminants comme le mercure, les biphényles polychlorés (BPC), les dioxines et les furanes se sont accumulés sur le lit du fleuve, créant un milieu de vie néfaste pour de nombreuses espèces benthiques et aquatiques. Récemment, les études ont permis de montrer que ces contaminants avaient grandement diminué dans les dépôts de sédiments de surface et que les actions d’assainissement et de réglementation entreprises durant les 20 à 30 dernières années se sont avérées efficaces pour la récupération des plans d’eau.

Toutefois, le Saint-Laurent fait face depuis un peu plus d’une dizaine d’années à une nouvelle vague de contaminants plus diffus, mais tout aussi dangereux pour la vie aquatique. Les polybromodiphényléthers (PBDE), les siloxanes et les hydrocarbures perfluorés (PFC) ne sont que quelques exemples de contaminants résistant au traitement actuel des eaux usées et qui se retrouvent irrémédiablement dans le milieu naturel. Ces nouveaux contaminants obligent les scientifiques à retourner à leur table de travail afin d’élaborer de nouvelles méthodes analytiques, de réévaluer les risques pour les organismes et d’établir de nouveaux critères d’évaluation pour les sédiments.

Cette présentation dresse un portrait global des contaminants dans les sédiments du Saint-Laurent et la tendance temporelle observable à court et moyen terme pour les anciennes et les nouvelles substances dites d’intérêt émergent.

Complément

Cette présentation fait état de l’amélioration de la concentration des toxiques dans les sédiments. Il y a eu d’importantes améliorations comparativement aux années 1970. Cependant, même si l’eau a une apparence claire, elle peut tout de même contenir des contaminants toxiques. Ce bon constat des sédiments ne signifie pas que tout va bien. L’état de santé global du Saint-Laurent tient compte de plusieurs aspects. De 1990 à aujourd’hui, de gros efforts ont été faits et plusieurs indicateurs confirment les effets de ces efforts. Il faut toutefois poursuivre les activités de suivi afin de savoir comment les récents changements perçus par les indicateurs vont se répercuter sur la chaîne alimentaire.

Teneurs en polybromodiphényléthers (PBDE) dans les poissons du fleuve Saint‐Laurent (2002‐2008)

Suivi des contaminants chez les oiseaux du Saint‐Laurent

Photo de Louise Champoux

Louise Champoux

Écotoxicologiste de la faune
Division de l’écotoxicologie et de la santé de la faune
Environnement Canada

Biographie

Louise Champoux travaille comme écotoxicologiste de la faune à la Division de l’écoxicologie et de la santé de la faune (auparavant au Service canadien de la faune), depuis 1990. Elle a obtenu une maîtrise en sciences biologiques de l’Université de Montréal en 1986. Chez Environnement Canada, elle effectue des études sur la présence et les effets des polluants sur la faune et sur l’utilisation de biomarqueurs pour évaluer et comprendre l’exposition et les effets des contaminants sur la santé de la faune.

Résumé

Le fou de Bassan et le grand héron ont été retenus comme espèces sentinelles du golfe et du fleuve Saint‐Laurent dans le cadre du Programme Suivi de l’état du Saint‐Laurent. Les concentrations des principaux contaminants (mercure, biphényles polychlorés (BPC), pesticides organochlorés, dioxines et furanes, etc.) dans les œufs des deux espèces ainsi que dans les jeunes hérons présentent pour la plupart des tendances à la baisse depuis la fin des années 1960. Le grand nombre de substances toxiques présentes dans l’environnement et la différence de sensibilité entre les espèces représentent un défi d’interprétation des relations de cause à effet entre l’exposition et les effets sur la santé des oiseaux. D’une façon générale, les concentrations de contaminants sont en baisse ou stables chez le fou de Bassan et le grand héron, mais elles demeurent préoccupantes pour le maintien des populations.

Complément à la session de présentations

Bien que les polybromodiphényléthers (PBDE) soient puisés avec l’eau, ils ont été éliminés à environ 90 % lors du traitement de cette eau aux deux stations de production d’eau potable échantillonnées. Les traitements sont efficaces pour l’enlèvement des substances qui ont tendance à adhérer aux particules, notamment les PBDE. L’efficacité est nettement moindre et peut être nulle pour les substances persistantes et solubles comme les composés perfluorés.

Le bilan massique produit en 1999 tient compte des charges en provenance des tributaires (données du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs du Québec). On détenait également des données sur les apports en provenance des industries et des stations d’épuration. L’échantillonnage dans les tributaires s’est effectué une fois par mois sur plusieurs années. Des modèles sont établis pour le calcul des charges annuelles. Au printemps, les charges des matières en suspension peuvent doubler. L’érosion interne a été calculée par le différentiel entre les charges aval et les charges amont en tenant compte des charges en provenance des tributaires. L’érosion du lit du fleuve n’est pas une source importante de contaminants, les argiles marines en contenant peu.

Concernant les sources de contamination possibles, le cas des oies blanches est particulier. C’est une population qui a connu une explosion démographique et qui s’est adaptée à l’agriculture. Son aire de migration s’est étendue et la source des contaminants peut être liée à une multitude de causes possibles. Les cas où les concentrations de contaminants ne sont pas élevées sont rares. Il y a aussi la problématique des causes physiques dont les maladies. Il n’existe pas d’années témoins (année 0) sur les débarquements de pêche commerciale qui pourraient fournir d’autres pistes de recherche.