Participer activement à des tribunes de concertation visant l’application des principes de développement durable à la navigation commerciale et de plaisance

Comment appliquer les principes du développement durable aux activités de navigation sur le fleuve Saint-Laurent? Le Comité de concertation Navigation (CCN)  propose des pistes à suivre pour avancer dans cette réflexion, entre autres dans le cadre de la deuxième Stratégie de navigation durable pour le Saint-Laurent, qui traduit une volonté commune de s’attaquer à des problématiques existantes ou en émergence. Cette stratégie propose des principes de navigation durable visant l’harmonisation des usages et la préservation d’un patrimoine hors du commun au profit des générations futures.


Les défis de concertation touchant la navigation sur le Saint-Laurent et son développement durable sont nombreux. En effet, les activités de navigation, tant commerciale que récréative, ne doivent pas nuire à l’intégrité des écosystèmes. Dans ce contexte, la mise sur pied de structures favorisant la concertation des différents intervenants, tel le CCN, ainsi que la publication d’outils de sensibilisation à l’intention des usagers, sont des avenues à privilégier.

Le CCN rassemble des représentants des gouvernements canadien et québécois, de l’industrie maritime et d’organismes de défense de l’environnement, ainsi que des acteurs du secteur de la navigation de plaisance. Par une participation active aux différentes tribunes de concertation, ce comité peut transmettre une vision du Saint?Laurent comme voie de navigation à préserver, en proposant des balises au déroulement des activités de navigation durable. L’appropriation de cette vision par les décideurs et intervenants favorisera sa mise en œuvre concrète. Par ce projet, le CCN vise à poursuivre ses échanges assidus avec la communauté et à présenter son travail à un plus large public, notamment dans le cadre de colloques.

Concilier les intérêts pour favoriser une navigation durable

Le Comité de concertation Navigation (CCN) a été mis sur pied en 1998. Ce comité est composé de 25 membres venant de divers ministères des gouvernements du Canada et du Québec, d’associations de l’industrie maritime et de la navigation de plaisance, ainsi que des groupes environnementaux. Il est coprésidé par des représentants de Transports Canada et du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports du Québec.

L’objectif de ce comité est d’harmoniser les pratiques de navigation commerciale et récréative avec la protection des écosystèmes. Par conséquent, on attend du CCN qu’il continue de concilier les intérêts variés et parfois divergents des groupes représentés, notamment pour poursuivre la mise en œuvre de la deuxième Stratégie de navigation durable pour le Saint Laurent.

Lors des cinq dernières années (2011-2016), les membres du CCN se sont réunis à 18 reprises, et environ 45 présentations ont été organisées durant ces rencontres pour mieux comprendre certains enjeux ou projets touchant le plan d’action du CCN et en discuter. Beaucoup d’énergie et d’effort ont été déployés par ce comité pour élaborer la deuxième Stratégie de navigation durable pour le Saint-Laurent. Ce comité de concertation a également maintenu des liens forts avec deux autres comités : le Comité sur la gestion intégrée du dragage et des sédiments (CGIDS) et le Groupe de travail sur le transport maritime et la protection des mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent (G2T3M). De plus, le CCN a mis sur pied deux sous-comités de travail (transport d’hydrocarbures et navigation de plaisance) et poursuivi sa coopération avec le PASL en réalisant deux projets : le suivi des données de vitesse des navires dans certaines zones du fleuve  et l’élaboration du guide La navigation sur le Saint-Laurent : un écho du passé, une voie d’avenir.

Élargir la portée du Registre de planification des activités de dragage et en assurer la mise à jour continue

Lors des précédentes phases du PASL, nos experts ont créé le Registre de planification des activités de dragage. Ce portail, auquel le public peut accéder, regroupe toute l’information liée au dragage et à la gestion des sédiments dans le Saint-Laurent.

Dans le cadre de ce projet, le Registre sera bonifié de façon à présenter aux citoyens une information actualisée sur le dragage et la gestion des sédiments. Il rassemblera entre autres des documents de référence, des guides de bonnes pratiques et des hyperliens vers la réglementation applicable. Il permettra également aux promoteurs d’inscrire leurs projets de dragage sur une page créée à cette fin et accessible au public.

Poursuivre les activités du Comité sur la gestion intégrée du dragage et des sédiments (CGIDS)

Le Comité sur la gestion intégrée du dragage et des sédiments (CGIDS) est surtout constitué de représentants des gouvernements fédéral et provincial. Des représentants des collectivités et des industries maritime, portuaire et de la navigation de plaisance peuvent toutefois être amenés à participer, selon leurs intérêts, aux travaux du CGIDS.

Avec la hausse attendue du transport maritime sur le Saint-Laurent dans les prochaines années, il pourrait être nécessaire de modifier les voies navigables du Saint-Laurent, ainsi que les infrastructures portuaires, pour qu’elles puissent accueillir un plus grand nombre de bateaux, ou des bateaux de plus grande taille.

Dans ce contexte, le CGIDS aura un rôle clé à jouer. Il continuera à concevoir des outils et à faire la promotion des bonnes pratiques pour encadrer le dragage et la gestion des sédiments au Québec. Le CGIDS continuera également à coordonner des projets de recherche pour documenter les impacts du dragage et de la gestion des sédiments, contaminés ou non, sur le milieu aquatique.

Évaluer la cohabitation des poissons et des bateaux dans la voie maritime

Lors d’une autre phase du PASL, dans un projet réalisé en collaboration avec l’Université du Québec à Trois-Rivières et la Fondation de la faune du Québec, nos scientifiques ont découvert que 27 espèces de poissons habitaient le chenal de navigation, un habitat qu’on a longtemps cru hostile aux poissons. Il apparait désormais nécessaire de tenir compte de cette nouvelle connaissance sur la faune du Saint-Laurent dans les projets de développement de la voie maritime. En effet, parmi les espèces qui vivent dans le chenal, on trouve l’esturgeon jaune, le doré noir, le doré jaune et la barbue de rivière, des poissons d’importance pour les pêches sportive et commerciale.

Dans le cadre de ce projet, nos scientifiques continueront à étudier ces poissons afin d’en apprendre davantage sur leur comportement. Pour ce faire, ils utiliseront un réseau télémétrique de détection des mouvements des poissons du Saint-Laurent.

Mesure volontaire de réduction de la vitesse des navires commerciaux

L’érosion est un phénomène qui affecte tous les cours d’eau, et ses causes proviennent de sources diverses. L’une d’elles peut être le batillage, c’est-à-dire le battement des vagues contre les rives d’un cours d’eau produit par le remous des navires et des embarcations de plaisance.

Dans le tronçon Montréal Sorel du fleuve Saint Laurent, une mesure volontaire de réduction de la vitesse des navires commerciaux a été instaurée à l’automne 2000 par l’industrie maritime. Sur une longueur de près de 25 kilomètres, plus précisément dans le secteur Sorel Varennes, cette mesure incite fortement les pilotes des navires à ne pas dépasser une vitesse de 10 nœuds. Depuis son entrée en vigueur, on observe que l’industrie maritime respecte dans une très forte proportion cette mesure volontaire.

Dans le cadre de ce projet, la vitesse des différents navires dans ces zones sensibles sera comptabilisée chaque mois afin de s’assurer du suivi de cette mesure volontaire.